9.11.16

[les leçons de la leçon]


Seules celles et ceux qui n'accordent plus aucun crédit à la narrative officielle, celle des médias de masse et des instituts de sondages, semblent avoir vu venir l'évidence. Serait-ce parce qu'elles et ils ne perdent pas de vue à qui appartiennent ces médias(1) et ces instituts?

1-L'appareil "démocrate" s'est sabordé tant il était évident –et l'est plus encore aujourd'hui- que Sanders était la réponse appropriée à Trump. Les fuites de Wikileaks ont largement documenté les manœuvres de l'appareil du parti afin d'imposer Hillary.

2-Hillary -et le système qu'elle représente- sont à ce point détestés qu'elle n'a même pas été capable de l'emporter face à un candidat à ce point détestable. Pourtant Clinton bénéficiait d'un appui inégalé dans les médias démocrates ou le showbizness et même de la part de certains médias républicains. Imaginez les résultats si Trump n'avait pas fait face à un tel "parti pris" médiatique.

3-Pour ceux qui en doutaient encore, le système électoral US n'est pas démocratique. Il ne propose d'autre choix que la droite, la réaction et malgré un nombre de votes populaires probablement très légèrement supérieur en faveur de Clinton (47,7%), c'est pourtant Donald (47,5%) qui l'emporte largement grâce aux "grands électeurs".

4-Les instituts de sondages et les médias de masses travaillent pour les mêmes employeurs, ceux qui soutenaient Hillary contre Sanders puis Trump. C'est à dire Wall Street, les néo-conservateurs (pourtant républicains), l'OTAN et l'industrie de l'armement, entre autres. Ils ont soit sciemment menti, soit se sont laissés convaincre par leur propre narrative, leur propre propagande. Comme ce fut le cas pour le Brexit et est toujours le cas avec les TTIP/CETA, la Syrie et tant d'autres thèmes qui font la une.

5-Si Trump applique ne fusse qu'une partie de son programme, le TTIP est définitivement enterré, idem pour le CETA. L'OTAN et Daesh ont du souci à se faire -et s'en font déjà- idem pour l'Europe ultra-libérale et interventionniste (2).

Ce qui représente objectivement une catastrophe pour les citoyens États-uniens -particulièrement celles et ceux qui pensent avoir élu un candidat "anti-système" en votant pour un milliardaire- pourrait représenter un moindre mal pour le reste du monde (2).

Les véritables questions sont à présent : Trump survivra-t-il à son élection -physiquement- et combien de temps? Les faucons des états-majors US/OTAN frustrés et dépités, ne vont-ils pas tenter de provoquer dans l'urgence une escalade militaire irréversible -en Syrie ou/et ailleurs- afin d'empêcher Trump d'entamer un dialogue constructif avec la Russie comme annoncé? Et surtout, est-il raisonnable d’imaginer un instant que Donald tiendra parole quant à sa politique internationale?


(1) Voyez ce qu'il en est des médias français par exemple : http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/ppa
(2) Si cette affirmation vous interroge ou vous choque, demandez-vous pour quelles raisons vous n'avez pas entendu parler -ou si peu- des points les plus intéressants, voire surprenants, du programme de Trump. A ce sujet lisez l'article d'Ignaco Ramonet qui ne peut être accusé de sympathie avec l'ennemi : http://www.medelu.org/Les-7-propositions-de-Donald-Trump