25.10.16

[Bruxelles (aussi) refuse le CETA !]

(Extrait d'"Asterix chez les Belges" de Goscinny et Uderzo)

Le parlement wallon refuse le CETA en l'état, ça vous le saviez. Mais pour quelles raisons la plupart des médias omettent-ils de préciser que cela fait plus d'un an et que la Région Bruxelles Capitale le refuse tout autant?

Difficile d'y échapper, les Wallons refusent le CETA et quelle coïncidence : leurs représentants politiques aussi! Par contre le même refus de la part des Bruxellois et de leurs élus rencontre beaucoup moins d'échos, quand il n'est pas omis.

La première raison de cet oubli récurent est évidente, "Bruxelles" est devenue -au grand damne des Bruxellois- synonyme de "Communauté Européenne", là où siège cette dernière. Facile dès lors d’imaginer l’embarras dans les rédactions au moment d'écrire : "Bruxelles refuse le CETA".

Pour comprendre la seconde il faut d'abord rappeler que le gouvernement belge actuel est le fruit de la trahison du MR (droite ultra-libérale francophone), qui avait promis de ne pas gouverner avec la NVA flamande et nationaliste, c'est à dire séparatiste en Belgique, terre de paradoxes.

En clair, le seul parti francophone au gouvernement fédéral ou national, représente moins de 23% de l’électorat Wallon et Bruxellois! C'est une première dans l'histoire politique belge. Le président du MR, M.Michel est premier ministre du gouvernement fédéral, M.Magnette lui est président de la région Wallonne et socialiste (Les lecteurs Français seront probablement surpris d'apprendre qu'en Belgique il reste des et du socialisme au P"S").



Ensuite c'est la NVA séparatiste et les partis flamands qui ont imposé ces compétences et cette autonomie aux Francophones du pays (Wallonie et Bruxelles), qui sont -contrairement à une grande partie des flamands- très majoritairement pour le maintient de l'unité du pays.

Il est donc d'autant plus piquant de voir la droite flamande ultra-libérale accuser la Wallonie -qu'elle accable de tous les maux- de prendre l'Europe en otage tandis qu'elle ne fait qu'appliquer des compétences qui lui furent imposées, le droit belge et accessoirement la démocratie.

Un autre fait régulièrement omis est que le parlement Wallon avait signalé son désaccord depuis plus d'un an(1). Ce n'est que très tardivement que la CEE semble en prendre note, depuis elle montre une nette préférence pour les ultimatums et non pour l’exercice démocratique.

Beaucoup à gauche avaient misé sur l'alternative grecque avant de déchanter sévèrement, Grecs en premiers. Là où Podemos se fait attendre. Se pourrait-il que que la véritable première riposte au recul démocratique, aux diktats de la CEE et des multinationales vienne de cette barricade inespérée? Dressée en Wallonie et sur les terres Bruxelloises -là où siègent les imposteurs- par un vieux parti qui ne s'était que trop compromis et qui retrouverait enfin le sens de l'histoire? C'est à espérer et nous pourrons le vérifier d'ici peu.

Laissons certains Flamands vociférer et les traîtres du MR répéter en boucle que le PS tente ainsi de récupérer la partie de son électorat qui se tournait vers le PTB, plus radical et actif sur le terrain.
Le fait est que deux régions belges donnent ainsi le ton d'un refus partagé par bien des Européens. Si la CEE est à ce point convaincue de la nécessité et de la popularité du CETA, qu'elle le soumette à un référendum, comme le devrait être une telle modification du droit et du droit social (et comme le proposait récemment le président du PTB(2)).

(1)http://www.liberation.fr/planete/2016/10/19/la-wallonie-inflexible-dans-son-refus-du-ceta-a-la-veille-du-sommet-de-l-ue_1523094
(2)http://solidaire.org/articles/organisez-un-referendum-europeen-et-vous-verrez-que-les-wallons-ne-sont-pas-seuls