30.3.15

[Défoncer la porte blindée, avant l'alarme]

1912 et le Titanic, 2015 et l'A320, des allégories sociales et leurs époques.

Sans doute y avez-vous déjà pensé, peut-être vous êtes-vous aussi interrogées quant à la ou les raisons, autres que les plus évidentes, qui font que cette catastrophe touche ou bouleverse tant?
Bien sûr, il y a la proximité et la machine médiatique, l'agitation des infâmes vautours. Informer est une chose, se repaître de la souffrance des proches des victimes est son contraire.
Mais cela ne permet pas de comprendre toute l'ampleur de la fascination morbide observée.

Évidemment il y a ce scénario mêlant catastrophe aérienne, tueur en série et suicide, d'autant plus glaçant qu'il se serait produit. Lubitz ne serait donc pas un kamikaze de l'EIL, juste un terroriste de l'ego.
Mais cela ne suffit toujours pas à expliquer un tel impact sur la psyché collective.

En partant de l'étrange mais pourtant évidente impression que cette tragédie colle à notre époque crisique, une sombre allégorie se dévoile, symbolique et Titanic.

Il y a le déni borné ou complice des dirigeants, qu'ils soient élus ou pas importe peu, la finance et ses banquiers. Quelques milliardaires égoïstes fraudeurs et leurs valets qui précipitent les citoyens dans la misère d'un nouvel age féodal et corporatiste, droit dans le mur.
Il y a le déni nucléaire, des centrales fissurées prolongées des décennies durant mais surtout l'OTAN à 500km de Moscou, trois puissances nucléaires aux frontières de la deuxième puissance nucléaire mondiale. Quelques fous furieux aux tendances suicidaires perdus, loin, dans leurs délires apocalyptiques.

Ils sont 1%, nous sommes 99%.
C'est en apprenant que dans le cockpit il n'y avait qu'une personne sur 150, que s'expliquait enfin et au-delà du drame lui-même, cette impression de triste fable. Bien trop réelle et rendue possible par l’hystérie sécuritaire.
La différence étant qu'à l'inverse des passagers qui ignoraient la situation, nous sommes parfaitement conscients de la notre.

Quand l'alarme sonnera, il sera trop tard, qu'attendons-nous pour enfoncer la porte blindée?