24.1.11

[Anarchy in Vlaanderen?]


Ou quand un parti usurpe le mot et l'idée libertaire.

La "liste Dedecker" un parti néerlandophone très à droite sur l'échiquier politique belge vient de changer de nom à l'occasion des ses quatre ans. J'entends les lecteurs d'outre-Quiévrain penser "non mais sérieux qu'est ce que j'en ai à "...Et pourtant gentilles lectrices, gentils lecteurs libertaires accrochez vous à votre souris et préparez vous au poids et choc des mots car le nom pour lequel nos démagogues de droite ont opté reste LDD, subtil mais cette fois pour, je cite:

« Libertaire signifie un maximum de liberté et un minimum de gouvernement. Direct fait allusion à notre approche et notre style. Et Démocratique fait référence à notre foi en des référendums »

Tandis que l'imposture "libertarienne" et son pathétique "anarco-capitalisme" (sic) peinent à traverser l'atlantique, voilà que la droite dure et locale voudrait usurper l'idée libertaire!
Car "un maximum de liberté et un minimum de gouvernement" signifie surtout et actuellement l'offensive ultra-libérale dont la LDD est ardente partisane et qui n'a rien de libertaire, que du contraire, de la réaction pure, corporatiste et féodale!

« L’idéal anarchiste, quelle qu’en soit la forme, a toujours tendu, par définition, vers un démantèlement du pouvoir étatique. Je partage cet idéal. Pourtant, il entre souvent en conflit direct avec mes objectifs immédiats, qui sont de défendre, voire de renforcer certains aspects de l’autorité de l’État [...]. Aujourd’hui, dans le cadre de nos sociétés, j’estime que la stratégie des anarchistes sincères doit être de défendre certaines institutions de l’État contre les assauts qu’elles subissent, tout en s’efforçant de les contraindre à s’ouvrir à une participation populaire plus large et plus effective. Cette démarche n’est pas minée de l’intérieur par une contradiction apparente entre stratégie et idéal ; elle procède tout naturellement d’une hiérarchisation pratique des idéaux et d’une évaluation, tout aussi pratique, des moyens d’action ». Noam Chomsky

Interrogé sur les possibilités de réaliser une société anarchiste, le même Chomsky répond par un slogan des travailleurs agricoles brésiliens : « Ils disent qu’ils doivent agrandir leur cage jusqu’à ce qu’ils puissent en briser les barreaux ». Il affirme que dans la situation actuelle aux États-Unis ou en Europe il faut défendre la cage contre des prédateurs extérieurs ; défendre le pouvoir -même illégitime- de l’État contre la tyrannie privée.

Il est clair que cette analyse n'est pas partagée par l'ensemble des libertaires, loin de là vu que c'est bien la diversité qui fait la force et la faiblesse des anarchistes mais même les plus radicaux conviendront que ce parti nationaliste et réactionnaire qu'est la LDD n'a rien de libertaire (à la lecture du programme: 1 & 2, si besoin est).

Dès lors que faire? Ignorer est impossible, trop facile...
Un concours de lettres d'insultes (l'usage du français en étant déjà une) dont vous posteriez une copie ici?
LDD Partijzetel
E-mail: info@lijstdedecker.com

Une tarte à la crème à chaque apparition publique*?
Des suggestions?

*Un o'soto gari se produisant plus vite que l'on ne pourrait l'imaginer,
que les candidats pâtissiers ne perdent pas de vue que le président est entraineur de judo.

21.1.11

[marche blanche II, le retour de la vengance apolitique]


La seule marche blanche qui vaille...*


Ni pour une réédition de la reddition de '96, ni "contre la démocratie".
Shame sur nos politiciens c'est un fait mais que dire de jeunes citoyens adeptes de l'oxymore appelant -en pleine offensive réactionnaire- à manifester apolitiquement?! La critique n'est pas que facile, dans ce cas elle est obligée. 
Car l'apolitisme et le fait que tant de citoyens et particulièrement des plus jeunes générations pensent, croient que les clivages gauche-droite ou que la lutte des classes sont des concepts dépassés ou révolus est sans doute la plus grande victoire du capital, donc de la droite qui mène l'offensive avec entrain et arrogance. Le fait qu'une grande partie des politiciens de gauche trahissent ne change rien à la donne.
Reste l'exercice de mobilisation façon produit blanc mais est-ce vraiment une raison de se réjouir?

L'autre honte mes bien chers frères et sœurs, est que si un miracle insurrectionnel devait se produire ce saint dimanche, les enfarinés de la communication n'auront pas à chercher bien loin la couleur de cette impossible révolte, là juste sous et dans leurs nez, blanche...Que Saint Makhno nous prenne en pité! Quelle shame pour des générations et des générations, amen!
Après l'orange, la violette, les tulipes et le jasmin, la révolution de la frite reste préférable!
Notons cette frénésie des larbins propagandistes qui consiste à vouloir colorer les coups d'états de leurs maitres ou les révoltes des autres, frénésie pathétique qui révèle la couleur de leur angoisse, la seule, l'unique, la vraie révolution : la rouge! Oui Madame.

Mais revenons à nos blancs moutons qui donneraient presque envie d'aller agiter l'étendard des Soviets Situationnistes du Belgistan lors de cette blanche procession où tout signe politique et drapeau sont déconseillés (sic).
Il est clair que beaucoup de citoyens qui s'y rendront ne partagent pas l'approche des gentils organisateurs, heureusement!
Ce qui est réellement préoccupant est que les partis en négociation n'informent pas les électeurs des réels enjeux de cette négociation, ou si peu. Qu'ils clament ce que certains chuchotent, derrière le leurre communautaire c'est une offensive ultra-libérale sans précédent dans le pays le plus syndiqué de l'empire, l'austérité, la poursuite de la mise à sac du bien public, des retraites, de l'épargne...En quatre mots comme en cent, la lutte des classes, cette taquine.

Les seuls qui communiquent un minimum sont les syndicats, un minimum malheureusement et aux rares membres qui lisent encore les publications internes. Où sont-ils qu'attendent-ils, croient-ils comme les politiciens que taire la réalité va la différer? Le premier point de la charte de la NVA est le démembrement de la Belgique, c'est écrit noir sur blanc, justement. Son programme est celui des néocons de la VOKA, le démembrement de la sécurité sociale et autres contraintes archaïques au triomphe de la main invisible.
Debout camardes, vous avez la structure, les moyens et beaucoup de citoyens -syndiqués ou non- sont motivés. C'est maintenant ou...trop tard! Particulièrement pour nous, faut-il vraiment renvoyer à l'histoire, récapituler pour ne pas capituler?
La tactique utilisée ici par la réaction et le patronat rappelle celle utilisée en Allemagne dans les années 30', où pour briser la puissance des syndicats et des communistes, ils propulsèrent les national-socialistes au pouvoir, une "contre-révolution brune" téléguidée préfigurant les divers coloris récents.

Concernant l'autre manif du dimanche, celle au troisième degré en sortant du vernissage du collectif "manifestement", intitulée "contre la démocratie" et prévue de longue date, elle semble à la mesure des précédentes. A l'exception de celle réclamant avec justesse le rattachement du royaume au Congo, une suite d'étranges cocktails post-surréalistes plutôt rances tentant de mêler situationnisme déviant et libertarisme Ixellois? Ce qui est certain est que seuls ceux qui y participeront s'en réjouiront, à défaut de comprendre les motivations réelles des organisateurs et c'est déjà ça!

Mais que faire alors d'ici la grève générale? Par exemple rencontrer et écouter nos amis les artistes flamands qui clameront "pas en notre nom!", ce soir au KVS. "La solidarité grandit une culture" résume leur position, contre le nationalisme et pour la défense de la sécurité sociale.

Sur ce bon dimanche à toutes et tous, quelle que soit votre couleur, votre langue et le reste...
Je resterai au lit et me lèverai uniquement pour le S-E-X!


*Hep! Marcel avez-vous remarqué?
Du point Godwin avant le premier mot, puissant non?

1.1.11

[Spéciale Dédicace]




Spéciale dédicace au seul, l'unique, l'inégalable, en neuf mots comme en 69 : big up au déjà fameux censeur inculte d'Indy Paris!