4.11.08

[I want to believe!]

Habana, avenida 23, le bus-accordéon Yukon numéro 242 passe, déplace une vague d'air chaud et humide qui remonte les trottoirs, les cheveux, les jupes…
Ici aussi Obama gagnerait haut la main, fulano l'a entendu déclarer qu'il assouplirait la politique envers l'île.
Dans les bus maintenant chinois, les hommes se lèvent toujours pour les femmes.
Les policiers portent toujours leur matricule bien en vue, à ce sujet plusieurs amis avaient avertis "tu vas être impressionné par le nombre de flics à La Havane!"…Faudra absolument que je leur demande depuis quand ils n'ont plus fait un tour au centre de Bruxelles? A pied!
Dans la presse cubaine quelques articles qui ne seraient jamais imprimés par ici, comme celui rapportant le redéploiement de troupes sur le sol US en prévision de troubles populaires, des analyses pertinentes…
Ce qui est le plus effrayant dans tout ce spectacle c'est de constater le peu de médias rappelant que les deux précédentes élections furent volées, fraudées, pipées… Qu'il n'y a plus aucun doute à ce sujet.
En 2000 fraude massive principalement en Floride, Al Gore et les Démocrates -certains de leur victoire- ne lâcheront pas l'affaire, c'est le "onze septembre" qui viendra providentiellement mettre fin aux recomptes et à la récréation.
En 2004 idem, particulièrement dans l'Ohio, Kerry jette courageusement l'éponge…

Vont-ils l'assassiner? Avant, pendant, après?
Pourquoi dramatiser alors qu'il suffit d'être le principal actionnaire des société privées qui gèrent les votes électroniques et d'invoquer un certain Bradley?
Sur l'île Raoul a repris la main tremblante de l'aîné que l'on ne voit plus, qu'on entend plus: on le lis.
Tous les cinq jours environs el Comandante balance une petite bafouille, ses dernières réflexions sur les affaires de Cuba et au-delà. Même quand on en riait il y avait finalement toujours une voix pour conclure :"bueno acere, il se fait certainement aider mais je crois qu'il écrit le brouillon…minimum" puis un silence bref dans lequel tu entends un mélange de tendresse, d'inquiètude pour le vieux même chez ceux qui n'étaient que rage et frustration ...Obligés de reconnaitre que "Fidel ne s'était pas tout à fait planté" vu le virage à gauche tardif de l'Amérique Latine et la déroute du capitalisme à mois de 150 km des côtes Cubaines.

Les Cubains les plus critiques, ceux qui possèdent le plus et vivent le mieux, cultivent les paradoxes et sont souvent forts sympathiques.
D'une mauvaise foi invraisemblable sur la situation nationale, "tu comprends on a faim" me déclare Yamelet du haut de ses nonante kilos…Ils sont par contre d'une lucidité imparable et ont une analyse sociale et géopolitique internationale d'un niveau rarement observé en Europe…Et en plus le mardi et le jeudi -après de longs reportages que vous ne verrez pas ici montrant l'ampleur de la crise aux USA- Cubavision diffuse les Sopranos !
Vu que l'île est soumise à l'embargo, elle ne se prive pas pour copier et diffuser les dernières productions US avant même qu'elles ne soient diffusées en Europe.
Yamelet aussi espère qu'Obama va passer mais elle non plus n'arrive à y croire.
De toute façons la crise elle et ses compatriotes, ils connaissent, cette fois c'est les gringos qui vont devoir apprendre à "inventar" pour survivre!
Et elle est loin d'être la seule dans ce cas cette nuit sur Terre. L'empire et la société du spectacle nous tiennent en haleine, comme au commissariat : après le méchant vont-ils enfin envoyer le gentil?

Camarades États-Uniens, bonne chance et surprenez ceux qui sont assez fous pour croire en votre farce et si possible ceux qui n'y croient plus aussi!