23.6.05

[la fête du travail?]

L'étude entreprise par la fourmilière sur le thème du " travail chez les humains"
poursuit son cours, un extrait en passant :

Une des plus belles illustrations de cette mystification se déroule chaque année à la date du premier mai. En pays capitalistes toutes et tous, de droite à gauche célèbrent la " fête du travail " !
En l'espace de moins de quatre générations voilà que les politiques, les médias et plus troublant : la majorité des syndicats, ont ainsi usurpé la " fête des travailleurs ".

Bien plus qu'une nuance, la terminologie en change ici radicalement le sens.
D'autant plus édifiant quand on sait que la date fut choisie pour honorer la mémoire des travailleurs qui luttèrent, souvent au prix de leur vie pour l'amélioration de leurs conditions de travail et l'obtention de la journée des huit heures.
L'origine exacte est parfois sujette à débat : de Chicago aux mouvements prolétaires clandestins internationalistes, une certitude toutefois c'est bien les travailleurs et certainement pas le travail qu'il s'agissait de fêter ! (A l'inverse de la " fête du travail " qui était célébrée aux USA le 1er septembre)

Pour s'en convaincre il suffit de lire cet extrait d'un article écrit par
Obi-Wan Rosa Luxemburg publié en 1894 :" Le 1er mai revendiquait l'instauration de la journée de 8 heures. Mais même après que ce but fût atteint, le 1er mai ne fût pas abandonné.
Aussi longtemps que la lutte des travailleurs contre la bourgeoisie et les classes dominantes continuera, aussi longtemps que toutes les revendications ne seront pas satisfaites, le 1er mai sera l'expression annuelle de ces revendications.
Et, quand des jours meilleurs se lèveront, quand la classe ouvrière du monde aura gagné sa délivrance, alors aussi l'humanité fêtera probablement le 1er mai, en l'honneur des luttes acharnées
et des nombreuses souffrances du passé. "
 Notez au passage que les cocos n’avaient pas attendu le web pour penser« global » et que notre gentille camarade parle bien d’une « délivrance » à gagner sur le…travail !
C’est ainsi que le capitalisme reprend une autre tradition catholique, usurpant et récupérant à son compte les fêtes « païennes » afin de mieux les vider de leurs sens.